mardi 19 juillet 2016

Recherche Barbie AA désespérément




Ce jour là, nous étions parties à la recherche de cette Barbie Fitness, ultra méga bien articulée.
Je les achètes le plus souvent sur le net. 
Mais cette fois j'ai tenté le magasin de jouets.

Nous prenons le tramway comme d'habitude. 
Il y a toutes les couleurs de peau du monde dans ce tram.
En fait, à ce moment là, nous ne le remarquons pas. 
Parce que c'est juste normal.

Ensuite nous arrivons au magasin de jouet PicWic.
Le rayon Barbie est très fourni...
En représentation blanche.
Mais là nous le remarquons.
Parce que ce n'est pas normal.
Zéro noirs, zéro asiatiques, zéro métisses, zéros couleurs.

Je m'ennerve, je peste contre le magasin.
Nous filons à Jouet Club.
Pareil.
J'hallucine.

Nous reprenons le tram pour rentrer. 
Et là je regarde autour de moi. 
Je vérifie pour voir si je ne suis pas folle.
OUI, les noirs existent!
Ouf, l'espace d'un instant j'ai eu peur.
J'ai cru être dans un épisode de la quatrième dimension où toutes les couleurs de peaux du monde auraient subitement disparus.
Mais non, je retrouve mon environnement normal.
Mon quotidien cosmopolite.

Moi qui suis de près les sorties Barbies, je sais qu'après beaucoup de critiques, Mattel à fait des efforts ces dernières années pour faire plus de propositions  de représentation ethniques diverses.
Il y a certainement encore du chemin à parcourir mais il y a d'ores et déjà des propositions. 
Je trouve inadmissibles que les magasins de jouets ne propose pas une seule poupée non blanche.
Mais peut être que si tu as de la chance, il y en aura une parmi la centaine de propositions.
Une fois par mois le magasin doit bien recevoir 4 ou 5 barbies de couleurs quand même, non ? non ???

Mais je vous rassure, c'est pas d'aujourd'hui que je découvre tout ça.
C'est juste qu'aujourd'hui j'ai envie de vous l'écrire.


Il y a quelques années déjà, j'avais vécu un épisode similaire (oui ma vie est une série télé) lors de la sortie de la série de Barbie et les 3 mousquetaires.



Previously, dans Chamailleries life,  je cherchais la barbie mousquetaire noire (en bleu) justement.
(et oui, je sais, MDR Barbie Mousquetaire! :-) )

J'étais passée voir à la grande récrée.

Justement le magasin venait de refaire tout le rayonnage Barbie pour mettre en valeur la sortie de Barbie et les 3 mousquetaires. 
En tête de Gondole, bien en évidence, je trouvais donc, le modèle de la blonde en rose, la rousse en turquoise et la châtain en violet.
J'ai pensé "Rha Merde Mattel n'a pas sortie la noire en France! quels gros nazes"!
Je m'enfonce alors dans le rayon Barbie et découvre avec surprise que la noire est bien là, qu'elle a juste été reléguée à l'extrémité du rayon Barbie.
C'est ça qu'on doit appeler le racisme ordinaire.

En ne proposant pas de poupées de couleurs, les magasins de jouets nient l'existence de notre société cosmopolite.
Qu'est ce que ça suscite dans l'esprit des enfants  ?
Ne poussent on pas ainsi les petits enfants blancs à penser que les petits enfants de couleurs sont invisibles, ne comptent pas, ne sont pas leurs égaux.
N'est ce pas là l'insémination d'un possible racisme chez l'adulte de demain?
Je trouve que c'est une responsabilité éducative que de proposer des poupées aussi cosmopolites que les usagers du tram  (ou bus/metro/train/montgolfière/fusée/éléphant).
C'est la responsabilité des gérants des magasins de jouets ou de leur centrales d'achats, et peut être même, pourquoi pas, la responsabilité du gouvernement.

Et Barbie Fitness alors?
Alors oui, on l'a finalement trouvée, dans un jouet club d'une toute petite ville sur laquelle j'aurais jamais parié...comme quoi!

Ces expériences m'ont donné envie de réaliser une Sainte Barbie AA.
Pour lui donner une place, aussi visible que ma première Sainte Barbie.

Mais je ne voulais pas faire du blackface en utilisant le moule du visage de Barbie que j'ai déjà utilisé. 
En plus Mattel l'avais déjà fait avant moi ce blackface étrange.
Je trouve ça trop bizarre.



Après mettre planté en commençant ce projet avec un modèle de Barbie noire qui était en fait hispanique (cf note précédente), j'ai fait d'autres recherches et je suis finalement tombée d'accord avec moi même pour un modèle de Barbie AA (Afro Américaine),  qui a été la toute première Barbie Noire de collection de Noël, c'était en 1990. Le moule de ce visage spécifiquement travaillé pour une poupée noire date de 1988. Il s'agit de Christie. 
J'aurais pu acheter n'importe quelle Christie mais la collectionneuse a voulu Christie Happy Holliday 1990.
On ne peut pas contredire la collectionneuse.
Je n'ai pas opté pour la première Barbie historique noire, parce qu'elle fait la gueule et c'est pas mon époque.
La voilà ici, à l'expo Barbie, avec son petit copain Brad, trop sexy... mmm Brad, je te kiff trop.


Et voici le premier visage de la copine hispanique de Barbie, Térésa.


Si tu as une loupe tu reconnaîtra le visage de ma barbie cosmonaute AA :



Je viens de recevoir Christie Happy Holliday.
Elle est incroyable!
Tellement ... Rose!!!
Tellement ... tout!
Mattel débutait les années 90 avec un trop plein de fun démentiel! waow!
A mon avis, les mômes ont dû faire des crises d'épilepsie rien qu'en la regardant! :-)


C'est sympa de faire se rencontrer les deux copines,  de 1990 et 2016.


Elles vous ont vus avec votre petit air perplexe !

Tant pis si je viens de perdre la moitié de mon audience, principalement masculine, hé oui.

J'aime autant les jouets dit "pour filles" que ceux dit "pour garçon".
ça ne me pose aucuns problèmes d'acheter du tortue ninja-sailor moon-power rangers-Barbie-spiderman-my little pony.
Je n'aime pas les cases de genre.

J'aime TOUS les jouets.


dimanche 17 juillet 2016

Bain de minuit

La journée avait été chaude et agitée.
Aucun moment pour soi.
Toujours paraître, toujours parler.
La nuit venue, leurs mots s'étaient fatigués jusqu'à s'éteindre.
Etais je dans mon lit? Etais je dans la mer?
Je n'entendais plus que les bruits de mon propre corps.
Ma respiration.
Sur mes tempes la caresse de l'eau.
Dans mes yeux, l'immensité du ciel étoilé.
Je m'imagine les univers encore inconnus.
Les galaxies, les autres possibles.
Ma respiration,
 me ramène à l'écume qui m'enveloppe.
L'odeur du sel.
La viscosité de l'eau.
La fraicheur d'une brise.
La paix.












"Bain de Minuit", une petite pièce de 16 cm de diamètre.



mercredi 6 juillet 2016

Ratage Barbiesounours

Je continue d'exorciser mes ratages.
Je sais que je prends un risque.
Le risque d'être projeter du piédestal  sur lequel on aime parfois mettre les artistes.
Car il faut donc absolument paraitre professionnel.
Et si vous visitez les sites internet d'artistes célèbres, vous serez bluffés par leur professionalisme, par la maitrise de leur art. La perfection, le design du site internet, la qualité des photos, le nombre de like sur FB même, les parutions, les interviews. Autant d'éléments qui vous font dire que cet artiste est un vrai. un pro.
Je ne vais pas vous mentir et vous dire que je ne cherche pas à "paraitre professionnel".
Parce que si, j'essaie. Parce que je veux vivre de mon travail , j'essaie de rentrer dans les cases, de trouver les codes.
Pourtant je connais bien les limites de tout ce paraître. Je vois bien dans quel monde stérile il nous plonge. Alors même que l'art doit susciter l'émotion, toute la partie émotive de la conception est presque toujours occultée. Seul le résultat semble compter.
Mais voilà, ici, j'emmerde le paraître. Ce blog est mon espace de liberté.
Je vais donc vous montrer la suite de mes merdouilles. Celles qui font perdre du temps. Celles qui ne font pas rentrer d'argent. Celles qui font perdre confiance. Celles que je ne suis pas censé montrer parce que, Hoyoyo je suis une pro!

ça commence par un petit retour dans le temps.
Coeur de Bisounours au mois de décembre dernier.
Si tu regardes bien y a une couche de résine brillante sur le socle arc-en-ciel.
J'ai dû la refaire deux fois, car la résine adhère difficilement de manière homogène sur le volume. C'est très compliqué techniquement. Il faut changer la statue de position toute les heures pendant les 6 premières heures de séchage afin que "l'enrobage" soir bon.
Le deuxième passage de résine m'a semblé acceptable. Bien que pas parfait.
Mais je me suis dit qu'il fallait que j'arrête d'enculer les mouches.
Parce que vu le temps que j'avais déjà passé dessus , c'était pas raisonnable de recommencer une troisième fois.
Et puis un jour, en passant par la galerie où la statue est exposée, je réalise qu'elle penche légèrement.
Il faut croire que mon bureau penche, ou que le manque de recul m'a fait manquer ça.
J'ai donc emporté la statue à la maison pour rectifier ça.
J'ai observé de nouveau ce vernis et j'ai eu honte.
 Il ne correspondait pas à mes attentes décidément.
Oui il n'etait pas parfait. On en revient toujours au même.
J'ai donc tout défait.
 Il m'a fallu plusieurs jours pour gratter le glaçage résine, la peinture, refaire les parties endommagées par le décapage.
Jai corrigé également le socle pour que le petit air légèrement penchée de la statue disparaisse.
La ponceuse électrique a été ma grande amie.



Lorsque je l'ai repeinte à nouveau. J'ai aimé l'aspect mat de la peinture.
J'ai aimé le rendu guimauve marshmallow.
Du coup j'ai mis un vernis mat et je l'ai laissé comme ça.



Voilà. Je pense pouvoir dire maintenant que je suis satisfaite de cette pièce. 
Mais qu'elle a été bien trop longue à faire compte tenu du prix de vente. 
Malheureusement, je ne peux absolument pas réfléchir en taux horaires pour chaque pièce, car ce serait invendable. 
Peut être que dans 10 ans je pourrais inclure dans le prix de mes pièces, le prix de mes hésitations, des mes remises en questions, de mes ratages, de la gestation intellectuel,  de la procrastination qui mène aux solutions techniques. 
Peut être que dans 10 ans, je vendrais non seulement la pièce fini, celle qui flatte le "paraître",  avec son coût matériel réel, mais aussi toute la démarche qui a aboutit à cette pièce, l'immatériel réflexion. 
Peut être que dans 10 ans, j'envisagerais encore avec espoir les "peut-être" de la décennie suivante, peut être...

Quittons la sphère des peut être pour celle des certitudes.
C'est sûr que je me suis plantée encore une fois sur un autre projet.
Loin de moi l'idée de pleurnicher là dessus.
C'est déjà fait. Je n'en suis plus là.

Je n'abandonne pas l'idée de départ, elle sera réalisée dans l'année c'est sûr.

Je suis partie sur le projet Sainte Barbie version AA (Afro Américaine).

Je vous expliquerais le pourquoi du comment de ce projet dans une prochaine note, parce que je vous sens déjà au bord de l'indigestion là!

Je vais me concentrer sur le ratage.
Quand on vient de rater plusieurs chose, on veut absolument le projet rassurant qui ne peut pas rater.
Sainte Barbie AA me semble parfaite.
J'y pense depuis des mois.
Je décide de me lancer sans plus attendre.

J'ai cette magnifique Barbie à la maison:


J'adore son improbable style entre Astronaute et Ziggy Stardust.
Je l'ai acheté pour réaliser Nouvelle lune
J'avais besoin du casque.
Oui, j'ai ensuite racheté le casque séparément car je ne supportais pas l'idée qu'elle soit incomplète. (un truc de collectionneur)
Enfin bref, j'adore ce modèle. Je pars donc là dessus pour ma Barbie AA.






Je fais le moulage de la tête. Puis je choisi la statue d'une taille équivalente à Barbie. Je choisis une statue de Notre Dame de Lourdes, modèle similaire à ma première Sainte Barbie.

Je décape et je creuse les endroits qui seront remplacés.






Et puis je ressens comme un malaise pendant que je fais tout ça.
Un petit truc de rien, tout loin, tout loin.
Puis se rapproche, se rapproche.

Jusqu'au moment où je réalise que je n'ai peut être pas bien choisi mon modèle.
Que j'ai sûrement déjà lu quelque part, qu'il fut un temps où Mattel avait utilisé  pour réaliser ses Barbies noires, des moules qui n'était pas destiné à être des Barbies noires à l'origine.
La société Mattel avait donc été la première à faire du blackface.
comme ça par exemple:



une petite recherche sur mon modèle me permet de réaliser qu'il s'agit en réalité du moule créé à l'origine pour les Barbies de type hispanique.

Merde. ça change tout. Je ne peux pas utiliser ce modèle et faire moi même du blackfacing sur un modèle hispanic.

Du coup je pars à la recherche d'une Barbie noire dont le moule aurait été créée spécialement pour ça.

Alors, oui, tout va bien, parce que je l'ai trouvé.
Elle devrait arriver dans ma boite au lettre cette semaine.
Je vous en reparlerais.

Seulement voilà, avec cette histoire,  j'ai juste encore perdu du temps.

ça va faire trois mois que je perds du temps.
Comment en retrouver maintenant?

Bon heureusement, que dans tout ça, j'ai eu une bonne excuse pour m'acheter une Barbie!
:-)



























mardi 5 juillet 2016

La note merdique

J'ai longtemps hésité à écrire cet article parce que le vocabulaire qui me venait à l'esprit était très limité.
Du genre: période de merde, moral de merde, boulot merdique.
Et puis j'avais pas franchement envie de me plaindre, comprenant très bien mon secret espoir de susciter la pitié ou la compassion, pour un semblant de mieux aller par câlins virtuels.
Dans mon envie d'être parfaite, ou de le faire croire, j'ai eu du mal à me décider s'il fallait que je vous dise comme j'ai merdé ces derniers temps.
Mais là encore, vous dire que j'ai merdé, n'est ce pas déjà vous faire croire que je suis parfaite, l'artiste honnête qui se refuse d'être au dessus de tout. N'est ce pas déjà vouloir vous plaire?
A force de réfléchir sur ma réflexion, je me noie dedans.
Oui peut être que j'essaie de plaire, dans l'idée que l'honneteté paie toujours, que la modestie est de rigueur et la fierté à enrayer absolument. Petit cerveau aliéné par la société judéo-chrétienne. Nature profonde. On revient toujours au truc de l'inné et de l'acquis.
Je ne pourrais pas démêler ce paquet de noeuds aujourd'hui.
Mais par contre je vais vous raconter mes trois derniers mois , de merde, comme promis au debut de l'article.

Tout d'abord j'accepte une commande pour refaire ma grande pièce phare de l'année dernière, Notre Dame du Poulpe.
Je refuse pourtant habituellement de refaire une pièce. Mais là je connais la personne. Elle sait me convaincre. Je veux faire plaisir.
J'occulte un moment le fait que cette pièce m'a épuisée, elle a représenté trois mois de travail.
Même si j'ai convenu avec le commanditaire que la deuxième version serait plus petite, avec des couleurs différentes, et des positions de tentacules différentes, je finis par me rendre compte, au bout de 3 semaines de travail sur Notre Dame du Poulpe V2, que Non. Non. Je ne veux pas la refaire. Non je ne veux pas plaire. Enfin si. Mais non. Tant pis. Je veux m'écouter pour une fois. Et ça me crève le coeur. J'en pleure. Je suis déchirée. Entre la personne que je crois être, celle sur qui on peut compter, honnête et droite, et celle que je découvre, celle qui déçoit qui rompt sa promesse.

Pourquoi n'avoir pas écouté mon intuition depuis le début? Au plus profond de moi, je savais que ce projet était voué à l'échec. Mais pourquoi écouter son intuition? Toute ma scolarité, y compris aux beaux arts, on m'a demandé de m'en détacher. Tout doit être justifié, construit avec des codes intelligible et validés par la société.
Je sens pourtant bien que mes intuitions sont construites, d'une certaine façon. Mais je ne connais pas la grammaire de mes intuitions.  Mon inconscient semble la connaitre mais ne me la transmet pas. Il ne me transmet que le résultat.
Peut être que sur ce projet, je me suis d'abord déçue moi même de ne pas avoir su m'écouter.

3 semaines de poulpe avarié:

J'avais un beau specimen offert par quelqu'un qui compte pour moi.
J'ajoute à ma deception la projection de sa deception.


Le travail de décapage, toujours aussi long et fastidieux.


Déconstruction, reconstruction.


J'avais trouvé une astuce plus simple que la première fois pour la réalisation des tentacules. Dommage.


Le travail de résine avait été commencé, la main refaite, le ventre arrondi.


Voilà donc où je me suis arrêtée. C'est là que j'ai craqué. La deception justifiée du commanditaire me blesse profondément et pourtant, tête de bourrique que je suis, c'est FINI, j'arrête ce projet.

Alors je suis pas trop du genre à rester sur un échec. Je ne veux pas pleurnicher sur moi même. Du moins, pas trop longtemps. Pas plus de trois jours.

ça tombe bien j'ai une autre commande qui m'attends. Allez hop.
Ah oui, je vous ai pas dit. C'est aussi une pièce que j'ai déjà faîte. Eau delà. 
Mais là je me dis que ça ne m'ennuie pas de la refaire, car j'ai carte blanche pour la revisiter comme je l'entends.
Je me dis que je vais plutôt faire une version bain de minuit. une rêverie.
je l'imagine dans la chaleur de l'été, le visage rafraichi par la brise, scrutant les étoiles filantes, les oreilles immergées captant les bruits sourds des courants marins et de son propre corps.
Il m'a fallu des mois pour trouver le modèle que je cherchais.
Je me suis dis que je ne devais pas me mettre la pression pour autant.
Mais c'est peut être comme quand on se dit de ne pas penser à un éléphant. Bah on y pense.

3 semaines d'eau croupie:
Staue originale, décapage, ravalement à la résine, et découpe transversale.


Mouais tiens, ça donne pas aussi bien que je l'espérais, mais je compte sur le miroir pour l'effet attendu. La comme ça on dirait qu'elle a une oreille de cocker.


Je bombe le miroir pour un effet de masse sous l'eau.
Je peins le visage mais oublis de prendre des photos.
Je passe le glacis final pour le rendu brillant de l'eau.
Je rate ma resine. 
ça fait des trous.
c'est moche.
Je pleure.
Je me dis que non-bordel-je-vais-pas-abandonner.
Je défais, je dépeins, je déresine, je décape, je recommence tout à zéro.
ça fait des photos bizarres.


Je lui arrange son oreille de cocker. 
Je la ponce d'avantage pour qu'elle s'enfonce encore un peu plus dans l'eau.
Je la repeins. je modifie les couleurs.


Puis je m'amuse un peu.
Je me dis que c'est drôle la tête à l'envers. Que c'est peut être une piste à explorer.
Que vu le temps que j'ai déjà perdu, je ne suis plus à ça près.
Je me mets à faire un moule pour dupliquer le visage.
Puis finalement je trouve pas bien comment faire la jonction entre les deux.
Je doute de l'intérêt de la pièce.
Je vais laisser murir, on verra plus tard.



FOCUS Soaz. FOCUS!!!
Allez concentration, mode coach perso ON: tu peux réussir le glacis que tu avais raté la première fois, tu peux le faire !


J'ai voulu tellement bien faire que je l'ai raté une seconde fois. SI.
En metant la pièce sous cloche pour éviter la poussière. Il semblerait que la catalyse ait eu du mal à se faire. Le temps de séchage trop long a donné un rendu hétérogène, avec d'étranges variations et nuances plus ou moins opaques.
 J'étais tellement en colère.
J'ai failli tout casser de rage.
Tout mettre à la benne.
Oublier.

Je sais ce que cet épisode dit de moi, de ma deviance pour la maitrise.
On me souffle dans l'oreille de lâcher prise.
Oui ça semble bien.
J'aimerais y arriver.

Le lendemain, je décide d'affronter ma honte et d'envoyer les photos à la commanditaire.
Peut être j'espère secrètement que ça lui plaira? Peut être j'espère secrètement qu'elle validera l'option poubelle ?
La bonne nouvelle c'est que l'adorable commanditaire ne vois pas ce que je vois, ou l'inverse. Peut être qu'elle voit ce que je ne vois pas, aveuglée par les dernière semaines merdiques qui m'ont fait perdre confiance.

Si moi je n'ai pas encore décidé si j'aimais cette pièce malgré tout. Elle, a décidé qu'elle aime cette pièce, beaucoup.
Les photos finales de ce "Bain de Minuit" feront l'objet d'une prochaine note. 

Mais attention ce n'est pas tout. 2 projets foireux et vous pensiez que la note était terminée?

Bon ok, on va dire que pour aujourd'hui oui.
Parce que j'en ai perdu 15 qui se sont endormis sur le clavier.

Mais y aura une prochaine note avec d'autres ratages.

Parce que oui, il faut exorciser les ratages! 




N'oubliez pas de penser à moi ce soir dans votre lit. 
:-D

La note merdique

J'ai longtemps hésité à écrire cet article parce que le vocabulaire qui me venait à l'esprit était très limité.
Du genre: période de merde, moral de merde, boulot merdique.
Et puis j'avais pas franchement envie de me plaindre, comprenant très bien mon secret espoir de susciter la pitié ou la compassion, pour un semblant de mieux aller par câlins virtuels.
Dans mon envie d'être parfaite, ou de le faire croire, j'ai eu du mal à me décider s'il fallait que je vous dise comme j'ai merdé ces derniers temps.
Mais là encore, vous dire que j'ai merdé, n'est ce pas déjà vous faire croire que je suis parfaite, l'artiste honnête qui se refuse d'être au dessus de tout. N'est ce pas déjà vouloir vous plaire?
A force de réfléchir sur ma réflexion, je me noie dedans.
Oui peut être que j'essaie de plaire, dans l'idée que l'honneteté paie toujours, que la modestie est de rigueur et la fierté à enrayer absolument. Petit cerveau aliéné par la société judéo-chrétienne. Nature profonde. On revient toujours au truc de l'inné et de l'acquis.
Je ne pourrais pas démêler ce paquet de noeuds aujourd'hui.
Mais par contre je vais vous raconter mes trois derniers mois , de merde, comme promis au debut de l'article.

Tout d'abord j'accepte une commande pour refaire ma grande pièce far de l'année dernière, Notre Dame du Poulpe.
Je refuse pourtant habituellement de refaire une pièce. Mais là je connais la personne. Elle sait me convaincre. Je veux faire plaisir.
J'occulte un moment le fait que cette pièce m'a épuisée, elle a représenté trois mois de travail.
Même si j'ai convenu avec le commanditaire que la deuxième version serait plus petite, avec des couleurs différentes, et des positions de tentacules différentes, je finis par me rendre compte, au bout de 3 semaines de travail sur Notre Dame du Poulpe V2, que Non. Non. Je ne veux pas la refaire. Non je ne veux pas plaire. Enfin si. Mais non. Tant pis. Je veux m'écouter pour une fois. Et ça me crève le coeur. J'en pleure. Je suis déchirée. Entre la personne que je crois être, celle sur qui on peut compter, honnête et droite, et celle que je découvre, celle qui déçoit qui rompt sa promesse.

Pourquoi n'avoir pas écouté mon intuition depuis le début? Au plus profond de moi, je savais que ce projet était voué à l'échec. Mais pourquoi écouter son intuition? Toute ma scolarité, y compris aux beaux arts, on m'a demandé de m'en détacher. Tout doit être justifié, construit avec des codes intelligible et validés par la société.
Je sens pourtant bien que mes intuitions sont construites, d'une certaine façon. Mais je ne connais pas la grammaire de mes intuitions.  Mon inconscient semble la connaitre mais ne me la transmet pas. Il ne me transmet que le résultat.
Peut être que sur ce projet, je me suis d'abord déçue moi même de ne pas avoir su m'écouter.

3 semaines de poulpe avarié:

J'avais un beau specimen offert par quelqu'un qui compte pour moi.
J'ajoute à ma deception la projection de sa deception.


Le travail de décapage, toujours aussi long et fastidieux.


Déconstruction, reconstruction.


J'avais trouvé une astuce plus simple que la première fois pour la réalisation des tentacules. Dommage.


Le travail de résine avait été commencé, la main refaite, le ventre arrondi.


Voilà donc où je me suis arrêtée. C'est là que j'ai craqué. La deception justifiée du commanditaire me blesse profondément et pourtant, tête de bourrique que je suis, c'est FINI, j'arrête ce projet.

Alors je suis pas trop du genre à rester sur un échec. Je ne veux pas pleurnicher sur moi même. Du moins, pas trop longtemps. Pas plus de trois jours.

ça tombe bien j'ai une autre commande qui m'attends. Allez hop.
Ah oui, je vous ai pas dit. C'est aussi une pièce que j'ai déjà faîte. Eau delà. 
Mais là je me dis que ça ne m'ennuie pas de la refaire, car j'ai carte blanche pour la revisiter comme je l'entends.
Je me dis que je vais plutôt faire une version bain de minuit. une rêverie.
je l'imagine dans la chaleur de l'été, le visage rafraichi par la brise, scrutant les étoiles filantes, les oreilles immergées captant les bruits sourds des courants marins et de son propre corps.
Il m'a fallu des mois pour trouver le modèle que je cherchais.
Je me suis dis que je ne devais pas me mettre la pression pour autant.
Mais c'est peut être comme quand on se dit de ne pas penser à un éléphant. Bah on y pense.

3 semaines d'eau croupie:
Staue originale, décapage, ravalement à la résine, et découpe transversale.


Mouais tiens, ça donne pas aussi bien que je l'espérais, mais je compte sur le miroir pour l'effet attendu. La comme ça on dirait qu'elle a une oreille de cocker.


Je bombe le miroir pour un effet de masse sous l'eau.
Je peins le visage mais oublis de prendre des photos.
Je passe le glacis final pour le rendu brillant de l'eau.
Je rate ma resine. 
ça fait des trous.
c'est moche.
Je pleure.
Je me dis que non-bordel-je-vais-pas-abandonner.
Je défais, je dépeins, je déresine, je décape, je recommence tout à zéro.
ça fait des photos bizarres.


Je lui arrange son oreille de cocker. 
Je la ponce d'avantage pour qu'elle s'enfonce encore un peu plus dans l'eau.
Je la repeins. je modifie les couleurs.


Puis je m'amuse un peu.
Je me dis que c'est drôle la tête à l'envers. Que c'est peut être une piste à explorer.
Que vu le temps que j'ai déjà perdu, je ne suis plus à ça près.
Je me mets à faire un moule pour dupliquer le visage.
Puis finalement je trouve pas bien comment faire la jonction entre les deux.
Je doute de l'intérêt de la pièce.
Je vais laisser murir, on verra plus tard.



FOCUS Soaz. FOCUS!!!
Allez concentration, mode coach perso ON: tu peux réussir le glacis que tu avais raté la première fois, tu peux le faire !


J'ai voulu tellement bien faire que je l'ai raté une seconde fois. SI.
En metant la pièce sous cloche pour éviter la poussière. Il semblerait que la catalyse ait eu du mal à se faire. Le temps de séchage trop long à donner un rendu hétérogène, avec d'étranges variations et nuances plus ou moins opaques.
 J'étais tellement en colère.
J'ai failli tout casser de rage.
Tout mettre à la benne.
Oublier.

Je sais ce que cet épisode dit de moi, de ma deviance pour la maitrise.
On me souffle dans l'oreille de lâcher prise.
Oui ça semble bien.
J'aimerais y arriver.

Le lendemain, je décide d'affronter ma honte et d'envoyer les photos à la commanditaire.
Peut être j'espère secrètement que ça lui plaira? Peut être j'espère secrètement qu'elle validera l'option poubelle ?
La bonne nouvelle c'est que l'adorable commanditaire ne vois pas ce que je vois, ou l'inverse. Peut être qu'elle voit ce que je ne vois pas, aveuglée par les dernière semaines merdiques qui m'ont fait perdre confiance.

Si moi je n'ai pas encore décidé si j'aimais cette pièce malgré tout. Elle, a décidé qu'elle aime cette pièce, beaucoup.
Les photos finales de ce "Bain de Minuit" feront l'objet d'une prochaine note. 

Mais attention ce n'est pas tout. 2 projets foireux et vous pensiez que la note était terminée?

Bon ok, on va dire que pour aujourd'hui oui.
Parce que j'en ai perdu 15 qui se sont endormis sur le clavier.

Mais y aura une prochaine note avec d'autres ratages.

Parce que oui, il faut exorciser les ratages! 




N'oubliez pas de penser à moi ce soir dans votre lit. 
:-D