mercredi 8 janvier 2020

Marienours

Voici les 6 premières Marienours!







Marienours 1/8 :




Marienours 2/8 :




Marienours 3/8 :




Marienours 4/8 :




Marienours 5/8 :





Marienours 6/8 :





Il y aura 12 tirages au total (8+4 épreuves d'artistes, selon la réglementation pour les oeuvres artistiques). Mais chaque pièce sera peinte d'une couleur différente avec un logo différent. Chaque tirage sera donc unique !
La Vierge Marie comme objet transitionnel, non seulement spirituel, mais surtout affectif finalement. Voilà ce que je souligne ici par cette combinaison.
Des petites pièces de 23 cm qui envoient des couleurs qui font du bien pour commencer 2020 !

Les Marienours sont uniquement en vente via la Galerie Albane.


vendredi 22 novembre 2019

Développement d'une photo-sensible

Papa avait sa petite collection d'appareil photos.
Je les ai gardés parce que c'est un objet qui le représentait assez bien, mais je ne savais pas vraiment quoi en faire.
Et puis quand j'ai commencé Bijou, je me suis dit:
Tiens j'ai une autre petite sainte vierge de la même taille, je pourrais la faire sortir d'un objectif sans doute!
Alors j'ai sorti tous les appareils, j'ai évalué leur côte sur le net, j'ai mis de coté les plus intéressants visuellement, et ça s'est joué entre 2 appareils photo à soufflets.
J'ai retenu celui ci car il est plus petit, le boitier est en meilleur état et l'objectif est plus petit. De plus il a un pied qui permet de le poser.




Dedans:





C'était l'appareil photo compact portatif de 1938.
La grande classe pour 195 Francs.
C'est à dire 10 215,38 Euros de maintenant, selon ce convertisseur de l'Insee qui tient compte "de l'érosion monétaire due à l'inflation. Le pouvoir d'achat de 195,00 Francs en 1938 est donc le même que celui de 10 215,38 Euros en 2018."

Quand je pense que maintenant on peut le trouver en moyenne dans les 40 euros en brocante! 





La petite pièce prévu pour sortir de l'objectif est celle ci:



Une petite pièce à la peinture dégueulasse mais aux reliefs bien préservés.
Avec des crottes de mouches en prime.



J'ai eu l'impression de faire un truc complètement interdit : fracasser l'objectif d'un appareil (à 10 000 euros potentiellement!)
En fait, c'était très jouissif de faire ce truc interdit, de m'autoriser à enfreindre une règle.
J'imaginais déjà la réaction de tous les amoureux de la photographie, complément outrés par ce sacrilège, mais pas du tout choqués par le détournement d'une petite statuette de sainte vierge.

J'ai attaqué l'objectif à la perceuse à percussion.
Et bien ce n'était pas facile du tout.
J'ai bien transpiré.


J'ai dû terminer avec un gros clou et un marteau pour en venir à bout.


Ne pleurez pas amis photographes, on pourra faire la même chose dans 80 ans avec l'I-phone 11.
Ah mais, peut-être même dans 2 ans si on tient compte de l'obsolescence programmé.


Maintenant je m'occupe de la petite dame qui va devenir un fantôme.
Pourquoi un fantôme? parce que c'est plus pratique pour sortir de l'objectif!
Le fantôme a bien des avantages.
Notamment il permet, en photographie, d'obtenir des images curieuses, nées de problème de superposition de négatifs et de maitrise de temps de pose et de développement plus où moins géré.
C'est l'image fantôme, celle ou le visage du défunt grand père apparait dans le foyer du feu de cheminée joliment décorée pour noël, et qui depuis fait flipper toute la famille.
Breaking news: c'était une photo de tonton qui avait été prise juste avant la photo de la cheminée, et c'est vrai que tonton y ressemble drôlement à papi maintenant qu'on y pense.
Le fantôme à cela d'intéressant également, qu'il est insaisissable.
Chose contre laquelle la photographie mène un vraie combat: tout saisir, l'émotion, la splendeur, l'intensité, l'étendue, le détail ...
Mais si le fantôme est insaisissable, il laisse malgré tout une trace, une sensation, un doute.
L'a t'on vraiment vu ?

Ce petit fantôme là en tout cas, je l'ai bien vu, et bien décapé surtout!




Un petit ponçage plus tard:



Les fantômes n'ont pas besoin de pieds ni de socles, alors je prends la décision qui s'impose.



Je commence à poncer pour rétrécir l'extrémité de la robe (même si c'est dur pour marcher après) et recouvre une tige filetée avec de la résine.
J'ai dû me débarrasser du chapelet, il était parti en miettes lors du décapage.


Je relie les deux éléments ensemble.



Je commence à faire un système de fixation qui sera collé à l'intérieur de l'appareil photo. 
Il n'est pas collé à la tige du fantôme. Ils s'emboitent seulement. 
Ils seront collés à la toute fin, quand tout sera peint et que les deux parties seront prêtes à être installées.
L'encoche sur la tige c'est pour éviter que le fantôme tourne.
C'est comme le lait qui tourne, c'est moins bon.


J'ai refait un beau petit chapelet tout fin, des bouts de doigts, des morceaux de voile, ainsi que presque toute l'écharpe.




J'ai continué de travailler la partie qui s'emboite dans l'appareil photo, avec du film alimentaire, pour bien épouser les formes des soufflets. (si quelqu'un est contre cette union qu'il s'exprime maintenant ou se taise à jamais)


Voilà ils se sont épousés, c'est trop tard.


Une petite couche d'apprêt :


Quelques couches de peintures proches de la couleur phosphorescente pour avoir une base.
En effet la peinture phosphorescente est très transparente, alors il vaut mieux prévoir une couleur approchante dessous.


Et voilà, quelques dizaine de coups de bombe de peinture phosphorescente plus tard, avec la colle qui faut pour cimenter le couple, on obtient donc une petite "Photo-sensible".


Alors, attendez...
Je demande à mon cerveau s'il a chanson pour vous ce soir.

...

hum, il me propose "Strike a Pose"

Ah oui je sais ce que c'est, j'ai trouvé!

Cadeau:







jeudi 21 novembre 2019

Shine bright like a Swarovski

"Bijou" inaugure ma nouvelle série de petites pièces intitulées "Les fugitives" qui remplacera petit à petit les nymphes.
Ce n'est pas l'objet par lequel je voulais commencer.
En réalité j'en ai d'abord trouvé un autre qui a déclenché l'idée de cette série. 
Spoiler : ce n'est ni une boite à bijoux ni un appareil photo.
Je vous en reparlerais au moment venu. 
Mais c'est un projet techniquement plus complexe alors je voulais commencer par plus simple.
Et j'ai trouvé cette petite boite à bijoux du début du XXème siècle à la brocante.
J'avais déjà repéré le même modèle sur Ebay depuis des mois mais le prix n'était vraiment pas raisonnable.
Celle ci a des petits défauts, le régule est légèrement fendu dessous et le capitonnage est totalement à refaire.
Rien qui ne puisse m'arrêter quoi !
 Elle est magnifique, exactement ce que je cherchais.



Quand à la petite fugitive qui en sortira, j'ai trouvé celle qui a la taille parfaite.


Bon le visage, ça va pas le faire du tout alors j'ai tout de suite envisagé la greffe de visage.
Grace à Nymphe Escampette, je sais bien gérer ça maintenant.


Avant la greffe je décape bien.


Je ponce délicatement aussi.



Je moule un autre petit visage avec le même moule que j'avais utilisé pour Nymphe escampette car elles ont une taille assez similaire.


Et hop on les présente et on fusionne.


Et puis il faut bien poncer pour harmoniser les deux parties.


Je sors le capitonnage en soie et je démonte les petits boutons en bois recouverts de fils pour pouvoir m'en resservir.


Je vous présente la petite fente.


Je colmate à l'intérieur avec de la résine.


Je me débarrasse du superflu.


Et je perce suffisamment pour y glisser une tige filetée.


Tige filetée que je commence à recouvrir de résine en lui donnant déjà une courbe.


pendant que ça sèche, je peux aller au magasin de tissus et dire:
 -bonjour madame je voudrais de la soie rouge.
Mais des fois c'est pas toujours comme on veut et la dame elle avait que du satin.
Bon bah on va faire avec.
J'ai récupéré l'ancien capitonnage pour le recouvrir.
Comme ça, un jour, pitêtre, dans 1000 ans quand les extraterrestre débarqueront, ils pourront étudier le capitonnage resté dessous et conclure que la boite a eu une première vie avec de la soie et que peut être y avait personne qui tentait de sortir de cette boite avant ça.
Et ce serait assez futé de leur part.
Puis ils trouveront mon ADN et me cloneront pour comprendre comment fonctionne mon cerveau.
Mais est ce que mon clone recevra aussi des refrains de chansons qui le conseillent et des images de ses futures pièces déjà terminées  directement dans son cerveau?


En attendant d'avoir la réponse (je recevrai peut être une chanson en réponse), je continue d'ajouter la résine sur la tige.


Je récupère les petits boutons en bois minuscules.


Je les peint en blanc puis rouge.


Je les couds.


Pour que ce soit plus classe je rebouche les petits trous.


Je couds un galon doré autour comme sur l'original.


Et je peint en rouge les petits trous rebouchés.



Le moment le plus jouissif de tout ce projet:
Choisir les strass.
Ce sont des strass Swarovky achetés il y a quelques années pour une autre pièce qui n'a pas vu le jour.
J'ai sélectionné ceux qui pouvaient correspondre à "Bijou".



J'ai tout trié pendant 2 heures.
C'était ma meilleure journée du mois d'octobre.


J'ai continué d'ajouter de la résine pour qu'elle puisse prendre forme depuis le fond de la boîte.



ça donne l'impression à la fois qu'elle fond et s'étire. Un genre de bijou chewing-gum.


Et puis il a fallu faire des petits trous partout pour y loger les strass.
J'ai d'abord fait grossièrement des trous à la perceuse, mais avec différents diamètres de forets 



Ensuite j'ai enveloppé un exemple de chaque taille de strass dans du film alimentaire.
J'ai rajouté de la résine dans chaque trous et appuyés avec les différents strass pour créer une empreinte parfaite de chaque taille de strass.
Ainsi ils tiendront parfaitement en place au moment du collage.



Autant vous dire que c'était très long et minutieux à faire.


Un dernier petit ponçage de l'ensemble avant peinture.


Je passe toujours de l'ocre avant la feuille d'or.



Je ne peux dorer que la moitié de la pièce à chaque fois, pour ne pas mettre les doigts sur la feuille d'or. Sinon les extraterrestres trouveront trop facilement mes empreintes digitales.
Il faut bien les challenger un peu.



Comme le premier tri de strass était trop de bonheur, j'en ai fait un deuxième,
 sur un tapis adapté (un couvercle de boite de glace recouvert de tissus autocollant en flocage) où les strass ne roulent pas dans l'équipe voisine quand tu essaies de les attraper.


J'ai fini la dorrure.
2 fois à la feuille d'Or 24 carats.



C'est mon moment préféré après le tri: Le collage des strass!
ça m'a prit pas loin de 4 heures mais j'ai pas vu le temps passer.
Je sais pas si mon clone aura la même fascination que moi pour tout ce qui brille.
ça me fait comme un shoot dans le cerveau. Vraiment.



Je ne me lasse pas de la regarder sous tous les angles.


J'installe le nouveau capitonnage dans la boite.
Celui du bas n'a plus lieu d'être.



Un dernier petit bisou avant le collage définitif dans la boite.


Le petit Avant-après qui vous rappelle qu'elle revient de loin!


Bien entendu, si vous savez à quoi fait référence le titre de cet article, vous comprendrez que je ne peux vous laissez partir sans écouter ça: