vendredi 2 octobre 2020

Notre Dame du bord de l'eau

 Une toute petite pièce arrive ce weekend à la Galerie Albane

Une petite fugitive oui! 

Elle a quitté son piédestal pour se rafraichir les pieds dans l'eau. 

C'état certainement une de ces belles journées d'été, qui pourrait l'en blâmer ?

D'autres diraient "Ah tiens, en voilà une Grenouille de bénitier!"

Mais non, non, je vous assure, elle prend juste du temps pour elle.









Notre Dame du bord de l'eau. 
22 cm l'ensemble, 4,5 cm la petite dame.

Matière: bénitier de récupération en métal / plâtre / résine / peinture dorée / bitume de judée / résine cristal / vernis mat 

mercredi 23 septembre 2020

L'histoire de ma première fois


Pour raconter, expliquer le point de départ de mon travail, on pourrait remonter jusqu’à ma naissance. 

Puis même, à l’histoire de mes parents. 

A toute ma lignée familiale. 

A l’histoire de l’humanité. 

A la naissance des religions. 

Aux premiers questionnements sur les mystères de la vie et de la mort. 

Aux premiers hommes qui développèrent la parole. 

A l’apparition de la vie humaine. 

A l’apparition de la vie sur Terre. 

A la naissance de la Terre. 

A la naissance de l’univers.

Mais comme je ne suis experte dans aucun de ces domaines, ni même celui de ma naissance, dont ma mère est certainement la meilleure narratrice, je vous propose de regarder par la fenêtre de mon existence pour découvrir ce qui m’a conduit à travailler sur l’image de la Sainte Vierge.

 

En 2005, mon père est venu me rendre visite à Nantes. 

Nous avons en commun le goût des objets qui portent des histoires, c’est pourquoi nous adorons les brocantes. Même avec un petit budget, tu peux acquérir une histoire, une petite blague, de la poésie,  un anachronisme.

Ensemble, nous sommes allés aux puces de Viarme. 

Papa cherchait à me faire plaisir, et était à l’affût de tout objet qui puisse attirer mon attention. 

Je me suis arrêtée, fascinée, devant une statue de Notre Dame de Lourdes en plâtre.

Il m’a demandé si ce genre d’objets m’intéressait. 

J’ai répondu, un peu embrouillée, quelque chose comme oui mais non. 

Il a un peu insisté, m’a dit que ce n’était pas cher, que je pouvais l’acquérir. 

J’étais fascinée par cet objet, sans trop savoir pourquoi. 

Peut être le côté très kitsch ?

Mais je ne me sentais pas légitime d’avoir ça chez moi. 

Je ne sais même pas si c’était une question de foi. Je crois que c’était une gêne liée à une certaine représentation parfaite de la femme que je ne serais jamais, mais je ne mettais pas encore le doigt dessus à l’époque.

J’ai donc refusé de repartir avec cette pièce.

Ce jour là, j’ai choisi une statue en régule nommée Eglantine. Une nymphe avec des ailes de libellule. Une femme libre.

 

Mais papa avait gardé en tête mon intérêt pour cette Sainte Vierge en plâtre.

Moi je ne pensais déjà plus à cet épisode. Et quelques temps plus tard, lorsque je lui rendis visite chez lui, je fus donc très surprise de recevoir une grande sainte vierge en plâtre de 43 cm. 

Oh non… me suis-je dit. Mais qu’a-t-il fait là ? Ah voilà, c’est bien papa ça. Il n’en fait qu’à sa tête.

 

 Je lui avais dit non pourtant. 

Et maintenant je me retrouve avec ce truc. Où je vais mettre ça ? 

Papa me voit un peu déstabilisée, il pense que c’est peut être à cause du prix, alors il me rassure, il a fait une bonne affaire. Quelques euros à Emmaüs. Oui il manque une partie du socle, alors la pièce ne tient pas debout. Mais dès qu’il a vu la pièce il a su que c’était pour moi, et puis aussi que ce serait facile pour moi de la réparer. 

Je rappelle qu’à l’époque je réalisais des petites figurines de monstres. On était un peu à l’autre bout du spectre du sacré.

A ce moment, je n’avais pas compris que Papa venait de me faire le plus beau des cadeaux. Ce cadeau m’obligerait à me confronter à cette icône féminine pour me questionner sur ma spiritualité, mon identité de femme, ce que la société attend de moi et beaucoup d’autres choses.

Par son geste, il m’a libéré du premier pas difficile et invité à me libérer, à dépasser mes blocages. 

J’ai été symboliquement autorisé à me questionner et à intervenir sur une icône sacrée.

Bien entendu, il n’imaginait pas à quel point j’allais transformer cette pièce. 

Mais il a toujours été curieux, amusé et fier de ce que mon esprit et mes mains pouvaient produire. 

 

J’ai emporté la pièce à la maison. Il m’a fallu du temps pour l’apprivoiser.

Cette année-là justement, je cessais mon activité de réalisation de figurines, parce que je passais mon temps à reproduire les mêmes modèles, couler du plâtre, peindre, pour fournir quatre magasins, et je ne passais plus de temps à créer. 

J’étais devenue artisan en monstre.  

Ce n’était plus possible. 

Je m’étais donné un an pour me (re)trouver.

Et la voilà donc, cette Sainte Vierge. Elle arrive à ce moment là. 

Vous croyez au hasard vous ? 

Ce qui paraît une évidence aujourd’hui ne l’était pas pour moi à l’époque.

Elle est donc restée un an allongée dans l’atelier.

 

En 2006, je finis par me dire qu’il faudrait que je m’en occupe, quand même.

Je ne sais toujours pas trop quoi penser de cette pièce. Je sais que je l’aime. Mais je sais que je n’assume pas de la présenter dans mon salon. 

Je remets ce questionnement à plus tard et j’entreprends la rénovation du socle, dont un bon tiers à disparu, emportant avec lui le pied droit de Marie.

Et c’est là que tout se joue.

Je sculpte le nouveau pied.

Je vois bien qu’il est un peu différent du pied gauche. 

Il ressemble à mon pied à moi. 

Attends, la sainte Vierge a mon pied ?

Je réalise alors que je viens de m’approprier cette pièce par ce geste. 

De femme sacrée elle est passée à femme, à moi.

 

C’est une étape importante car je me demande alors jusqu’où je peux pousser cette idée d’appropriation. Comment pourrais-je me sentir à l’aise avec cet objet ?

Passionnée par le Japon depuis les premiers épisodes de « Juliette Je t’aime » diffusés en 1988 dans le « Club Dorothée », je n’ai jamais cessé depuis de m’intéresser à cette culture.  

Ce fut donc pour moi une évidence d’associer à l’image de la femme sacrée à celle de la Geisha, icône féminine japonaise reconnaissable par tous.

La Geisha représente la femme artiste payée pour divertir sa clientèle, même si souvent son activité est mal interprétée par les occidentaux qui s’imaginent qu’il s’agit d’une prostituée de luxe. 

La réalité est beaucoup plus complexe, mais on peut au moins s’accorder à dire qu’elle a une sexualité. 

Voilà bien ce qu’on ne dira pas de la Sainte Vierge, femme reléguée au rôle de mère, proclamée immaculée conception. 

Voilà un premier point soulevé par cette association. Un premier questionnement. Femme parfaite et sexualité ? La Sainte Vierge semble m’exprimer l’impossibilité de cette association. La mère, l’amante, et puis ici l’artiste, ne sont elles pas la même personne ? 

Pourquoi chercher à séparer toutes nos identités ?

Je suis multiple. Nous le sommes toutes et tous. 

 

Ma première pièce, terminée en 2006 a donc été Sainte Geisha.

Dès que je l’eus terminée, j’ai su que je n’allais pas m’arrêter là.

J’ai entrevu tout de suite la possibilité de nombreuses propositions autour de la Sainte Vierge. 

Et j’ai eu envie d’explorer ça sans attendre. 

J’ai d’abord fait ça pour moi, comme une recherche personnelle et ce n’est qu’en 2007 après avoir réalisé huit autres pièces que je me suis finalement décidée à démarcher une galerie. 

Parce qu'à ce moment-là, j’ai réalisé que le personnel et l’universel était intimement lié. L’expérience de chacun résulte de l’environnement dans lequel il vit. Et nous vivons tous ensemble sur cette planète, dans ce même univers, ce même cosmos. Nous devons partager, confronter nos regards, pour mieux appréhender notre monde et avancer.

J’ai aussi compris que ce travail me passionnait tant, qu’il allait durer très longtemps, peut-être toute mon existence. 

Ce ne serait pas un travail anecdotique, c’était certain que j’allais lui donner une grande place dans ma vie.

Je suis heureuse de partager avec vous chaque pièce que je réalise.

J’y met beaucoup de joie, d’amour, de poésie, d’espoir, d’humour, et quoiqu’en pensent certains, je ne cherche jamais ni à blesser, ni à choquer qui que ce soit.

La Sainte Vierge, désormais, je sais que c’est moi. 

Non pas que je me prenne pour une réincarnation de la Vierge Marie, mais parce que je transpose sur cette image tout ce que je ressens, tout ce qui m’anime, tout mes questionnements.

Et ce sont peut être les vôtres aussi.

A travers ce travail, que j’ai nommé « Apparitions », vous avez des visions de la Sainte Vierge.

Vous savez désormais que ces visions, c’est moi, c’est nous, c’est vous !

Alors, t’as vu la Vierge ?

 





(C'est écrit en english pour les followers internationaux oué)

 

mardi 30 juin 2020

J'ai une histoire à vous raconter

J’appartiens à l’Univers.

 

Aujourd’hui,  c’est mon anniversaire. 

En ouvrant les yeux, ce matin là, mon cerveau tourne en boucle un refrain: « I belong to Universe, I belong to universe » de la chanson « Universe » de Ambar Lucid que j’avais remarquée particulièrement la veille.

Je me lève,  je me sens d’humeur mélancolique, les émotions aux bords des yeux.

Je décide alors de conjurer le sort en portant mon bracelet magique réalisé avec des lettres-perles  qui dit : HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA. 

La promesse d’une journée amusante.

 

Je pars à la Brocante place Viarme, puis déjeune en ville en famille.

A mon retour à la maison, je remarque que j’ai reçu un message via Instagram.

Une personne me contacte en me joignant une photo, pour me demander s’il s’agit bien de mon travail.

Je le reconnais immédiatement.

Ce n’est pas une copie. C’est mon travail. 

C’est Super Marie O. 

Réalisée en 2012, vendue par la Galerie Caroline Tresca à Paris en 2014.

La pièce est photographiée en extérieur, devant des grilles et un bâtiment que je ne peux identifier.

La prise de vue ne me permet pas de voir son socle. Je constate qu’elle est abimée, l’écharpe a pris un coup.

La légende sur la photo me fait comprendre qu’elle se trouve dans une brocante.

 

Attends. Quoi ? Mon bébé est dans une brocante ?

 

Que s’est-il passé ? 

Comment est-elle arrivée ici ?

Dans quelle condition est-elle vendue ? 

Le vendeur sait-il de quoi il s’agit ?

Est-elle encore à vendre ?

Est ce que je peux espérer la récupérer ?

 

Je dois sauver mon enfant.

Je dois au moins essayer.

 

Le message avait été envoyé plus tôt le matin.

Je réponds à la personne qui a envoyé cette image et je tente d’en savoir plus, j’ai mille questions à poser !

Mais la communication n’est pas fluide, la personne n’est peut-être pas très disponible ou alors mes questions l’ont fait fuir, je ne sais trop ce qui se passe. 

Je me sens à la fois inquiète et confiante.

Je veux savoir. Mais quoiqu’il arrive je l’accepterai.

« I belong to Universe, I belong to Universe », encore.

J’ai l’impression de recevoir un message insistant.

 

J’appelle la galerie Albane qui m’assure de tout son soutien pour tenter de récupérer la pièce.

Je n’ai plus qu’à attendre que cette personne réponde à mon dernier message, et accepte peut être qu’on se téléphone.

Pour patienter, je me prépare des cookies d’anniversaire.

Une heure passe lentement.

On mange trop de cookies.

Normal, je vis avec Cookie Monster.

 

Finalement la personne répond à mon dernier message et accepte qu’on se téléphone.

Elle m’explique alors qu’elle a vu la pièce 15 jours auparavant, aux Puces de Vanves à 

Paris. La pièce est complète avec son socle. Le vendeur a dit qu’il s’agit d’une pièce d’artiste, signée, avec un certificat d’authenticité. 

Il a récupéré cette pièce en débarrassant une maison.

Je comprends alors que la vieille dame qui avait eu le coup de cœur pour Super Marie O est sans doute décédée et que ses affaires ont été récupérées par un brocanteur.

 

Bien que le brocanteur sache ce qu’il vende, je doute qu’il puisse communiquer sur ma démarche artistique et l’inscrire dans l’ensemble de mon travail. 

Ça m’ennuie qu’elle puisse devenir un objet anecdotique, déconnectée de son histoire et vidée de son sens.

Cette pièce est le résultat de 6 mois de travail. 

Elle mesure 1m35. Il s’agit de ma plus grande pièce à ce jour.

Le prix annoncé par le vendeur est conséquent pour une brocante, bien que inférieur au prix auquel je l’ai vendue à la Galerie Tresca. 

Je me dis qu’elle n’a alors peut-être pas encore été vendue.

 

Je veux absolument mener une enquête pour essayer de la récupérer. Je demande de l’aide à cette personne, dans l’espoir qu’elle n’habite pas trop loin des puces où qu’elle connaisse quelqu’un qui puisse y retourner pour essayer de retrouver le vendeur.

Je suis déjà impressionnée par le fait que cette femme, qui m’a contactée via instagram, ait pu reconnaître mon travail. Je le serais encore plus par la suite.

Elle se prend au jeu et décide de faire son possible pour m’aider. Elle a un ami brocanteur qui peut peut être l’aider dans cette aventure.

Je lui promets des catalogues pour la remercier.

Je me sens à la fois démunie, et excitée. Je deviens la spectatrice du film de ma vie.

Mais je commence à la trouver drôlement amusante cette histoire. Peu importe le dénouement.

C’est ce fichu bracelet qui fonctionne peut être !

HA-HA-HA-HA

 

Après cette conversation téléphonique, je recontacte la Galerie Albane.

Elle me promet de me soutenir financièrement pour acheter la pièce si on parvenait à joindre le vendeur. Elle est persuadée de l’issue positive de cette enquête, et me rassure beaucoup.

Je suis soulagée car je n’ai pas les moyens de l’acheter seule. 

A la maison, Cookie Monster évoque l’idée de garder la pièce pour nous, mais j’argumente sur cette impossibilité de fait, financière. Pourtant, moi aussi j’aimerais pouvoir la garder. J’ai des raisons qui ne sont pas sans liens avec les émotions aux bords des yeux de ce matin.

Mais je serais déjà très heureuse, qu’elle soit accueillie à la Galerie Albane,  présentée et défendue comme il se doit. Et puis surtout, je pourrais restaurer cette écharpe abîmée.

 

Cookie Monster et moi décidons d’aller marcher pour évacuer le trop-plein. 

Le trop-plein de cookies d’anniversaire, d’émotions entremêlées d’excitation. 

« I belong to Universe » tourne toujours en boucle dans ma tête.

Oui,  c’est ça, j’appartiens à l’Univers. Je le sens particulièrement. 

C’est le milieu de l’après midi, là où le soleil est le plus haut dans le ciel. 

C’est le solstice d’été, exceptionnellement un jour plus tôt cette année.

Apparemment cela n’était pas arrivé depuis 1796 en France.

 

C’est alors que mon enquêtrice  parisienne me rappelle. 

Les choses sont finalement allées très vite.

Son ami brocanteur connaît le vendeur qu’il a reconnu sur une photo qu’elle lui a envoyée où on le voit à côté de la pièce. 

Puis la conversation prend une tournure inattendue.

Cette femme, à peine rencontrée, me propose alors d’acheter elle-même la pièce et de me la restituer.

En retour je devrais m’engager à réaliser une pièce d’une taille plus raisonnable pour elle. Ce serait une commande à réfléchir ensemble.

Je ne peux qu’accepter par un oui. Un oui de surprise et d’étonnement, un oui qui croit aux histoires incroyables, un oui qui a  foi en l’autre, un oui qui a confiance en l’Univers.

Cette personne semble tellement heureuse et ravie elle aussi.

Pourtant, c’est moi qui reçois cet énorme cadeau d’anniversaire ! 

Quelles étaient les probabilités pour qu’une telle aventure arrive ?

Tout ça est totalement extra-ordinaire.

Est ce que cela est vraiment en train d’arriver ?

Je vais récupérer Super Marie O, je vais pouvoir la garder pour moi, parce qu’une gentille inconnue a reconnu mon travail,  s’est investie dans l’enquête pour la retrouver, y est parvenue et m’a fait cette merveilleuse proposition.

Ce sera avec un grand plaisir que je réaliserai une pièce pour elle.

 

Afin de rester  dans l’énergie du moment, elle me propose de nous organiser dans les prochains jours pour récupérer la pièce la semaine suivante.

Juste avant de nous dire au-revoir elle me révèle alors son identité, Florence Servan-Schreiber.

L’univers vous a mise sur mon chemin, quelle joie !

Tout de même, quelles  drôles de circonstances !

Je recommande vraiment le bracelet HA-HA-HA-HA

 

Après cette conversation, Cookie Monster et moi marchons autour de la cathédrale, nous prenons la mesure de l’histoire étonnante qui nous arrive. Il m’avoue avoir eu une vision de Super Marie O chez nous, avant même de savoir que ce serait possible.

Nous discutons aussi de la pièce que je pourrais proposer à Florence. 

Je ne la connais pas, je ne l’ai jamais rencontrée. 

Quels sont ses goûts, ses aspirations ?

J’ignore encore qu’elle est une auteure reconnue.

Cookie Monster me souffle une idée que je m’apprêtais à formuler au même instant.

C’est dire si c’est une évidence. 

La pièce doit être reliée à l’univers. 

Pour célébrer cet instant magique, où toutes les planètes semblent parfaitement alignées pour que l’événement survienne. 

J’ai de plus en plus de mal à croire au hasard.

C’est comme si tout l’univers avait tout mis en place parfaitement pour arriver à cet instant précis.

De toute façon je le sais depuis ce matin, puisque « I belong to Universe ». 

Je fais partie de cet univers où je ressens que tout est lié, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, bien au delà de ce que nos yeux peuvent percevoir.

J’ai alors moi aussi une vision, Notre-Dame de l’univers, la femme, ce soleil au centre de notre système solaire.

 

C’est décidé, je lui proposerai.

 

Les jours suivant se passent dans la joie de raconter à mes proches cette histoire, et dans l’attente de recevoir des nouvelles concernant l’organisation du retour à la maison de mon gros bébé.

4 jours plus tard,  Florence sauve Super Marie O de l’orphelinat.

Nous convenons de nous retrouver dans le Perche le samedi suivant pour que je puisse récupérer ma brebis égarée.

Tout cela allait devenir vraiment concret. 

Ce ne serait plus une histoire.

Ce serait pour de vrai.

 

Samedi.

Il nous faut 2h30 de route environ, pour arriver au lieu de destination-restitution.

C’est dans une brocante.

Florence est déjà arrivée, bien qu’elle ait eu pas mal de route à faire elle aussi.

La brocante est celle de son ami, celui qui a reconnu le brocanteur, justement.

J’oublie de le remercier.

Je suis à côté de moi.

Je me vois circuler dans les meubles et les objets anciens, aux côtés de Florence qui me pose quelques questions sur mon travail. Des mots sortent de ma bouche.  

Sujet, verbe, complément. 

 

Nous partons déjeuner ensemble à Nogent-le-Rotrou.

Mais avant nous transférons Super Marie O de son coffre au nôtre.

Elle est bien emballée, mais je la reconnais déjà.  

Mon corps a la mémoire de ses formes auprès desquelles j’ai travaillé longuement

Je suis très émue.

C’est incroyable tout ça, vraiment.

Un petit sac en tissus de coton naturel a été noué sur la partie haute de la pièce.

On la croirait enveloppée dans un linceul.

 

Je garderai pour nous nos échanges à ce déjeuner. Je les chéris comme des trésors.

Florence est certainement un soleil pour ses proches, tant sa lumière éclaire facilement.

Elle a été peut être un peu surprise par ma proposition de Notre-Dame de L’univers, mais très emballée. Puis finalement complètement convaincue.

 

Alors OUI, « I belong to Universe », j’appartiens à l’univers, Florence aussi, et toi, et puis toi, et toi là bas, et puis tous aussi. 

 

Et puis aussi, OUI, fais toi un bracelet qui rigole, tu vas voir, il va t’arriver des trucs drôles.

HA-HA-HA-HA

 

 

 





 

 

 

 

lundi 15 juin 2020

La création d'une équipe qui gagne !

La Team Licornes, c'est une équipe qui a mis plus d'an an à se former.
Et puis il a fallu les entrainer!

J'ai pris ces premières photos des membres de l'équipes en janvier 2019.




Il y avait vraiment beaucoup d'entrainement à faire pour parvenir au niveau qu'elles ont aujourd'hui!
Mais avec un peu de travail, on peut tout faire!

J'ai commencé à gratter la première participante en janvier.


Mais je ne terminerais de la décaper que le 24 juin.
Entre temps j'ai préféré passer en priorité d'autres pièces dont les prix seront plus accessibles.
Je sais déjà que ma Team Licornes me prendra beaucoup de temps, et que son prix sera par conséquent élevé.
Alors pendant un an je la ferais en parallèle d'autres petites pièces, à un rythme irrégulier, l'arrêtant parfois complètement plusieurs semaines, puis en ne faisait qu'elle.
Il est donc difficile d'estimer mon temps de travail sur cette pièce mais je pense que tout cumulé, il m'a bien fallu 4 mois.



Je commence à décaper également la statue de Notre dame de Lourdes choisie pour le milieu du triptyque, 
et je commence à rénover son voile avec de la résine.


J'ai choisi ce modèle pour la Licorne centrale car, les mains jointes, elle cherche la force, elle est concentré sur son intention.
Alors que celles des cotés, 2 modèles de la Vierge de la médaille miraculeuse, les bras ouverts, apportent leur soutien, leur force.
Cela renforçait l'esprit d'équipe que je cherchais.


A la fin du décapage ponçage, elle est prête à changer de tête.
Oups les mains se sont cassées.
Mais elles avaient déjà été recollées il semblerait.


La troisième pièce également, a été décapé et poncé.
Aviez vous remarqué la petite différence entre ces deux modèles de la Vierge de la médaille miraculeuse?
L'une à sa cape fermée et l'autre non.
Il y en a donc une qui est plus frileuse que l'autre.


Peu importe elles vont aussi changer de tête.


Voilà une bien étrange trinité pour l'instant.


Je me suis occupée des mains. J'ai reconstruits quelques doigts et j'ai ouvert ses poignets pour pouvoir mettre une broche dedans? Ce sera plus solide comme ça.


Je fini de décaper les socles, et je ponce encore minutieusement le tout.


Et là, j'attrape mon cheval Dallas, le cheval de Barbie qui menait la "calèche de rêve" en plastique qui se démontait au moindre mouvement.
Mais il a pris sa retraite maintenant, il est trop vieux pour toutes ces conneries.
J'ai dû lui mettre des pansements à toutes ces articulations, pauv' vieux.



De la façon dont une société traite ses vieux, on peut juger de son empathie.
Il doit donc m'en manquer un peu parce que:


Mais quand même, après l'avoir balancé dans l'alginate... je l'ai relevé!
J'ai un coeur quand même!


Ensuite je l'ai libéré et il a couru à travers champs pour retrouver la boite des chevaux de Barbie sous le lit.
J'ai aussi coupé l'alginate en deux.


J'ai coulé des moitiés de tête avec du plâtre.


Puis j'ai joint l'ensemble en laissant de l'espace pour que la tête soit plus large qu'à l'origine.



Je retravaille le tout avec de la résine, je modifie les joues, les oreilles et je prépare une tige d'acier pour monter la corne.







La corne a été affinée au fur et à mesure et le cou épaissi.
Je fixe provisoirement la tête sur du balsa pour le plonger dans de l'alginate. Encore oui.



Faut toujours garder un bac de glace au citron sous la main. ça peut servir. Voyez!
 

Une fois le moule prêt, j'ai coupé l'alginate en deux et j'ai coulé du plâtre en mettant un bâtonnet en plastique jusqu'au bout de la corne pour consolider le tout.


Et tadam!
Une sucette de tête de licorne!


Je vais en couler plusieurs, à plusieurs heures d'intervalles. L'alginate rétrécit rapidement mais n'est pas utilisable très longtemps. En faisant ça j'obtiens ainsi 4 têtes de licornes de différentes grosseurs. ça ne se joue pas à grand chose mais ça donne quand même des personnalités légèrement différentes à chaque têtes.



Je prépare maintenant les pièces à accueillir leur nouvelles têtes avec une tige en acier.


J'essaie d'évaluer la bonne distance.


Et je fixe avec une première couche de résine. 
Le papier bulle maintient tout ça, histoire qu'elle soit pas tenter de regarder les petits oiseaux par la fenêtre pendant le séchage.
ça fait partie de l'entrainement.
CONCENTRATION QUOI


Un premier cou rachitique me permet de voir et d'ajuster encore la hauteur si besoin.


Je relève encore un peu finalement.
Et j'épaissi le cou


C'est vraiment bizarre une licorne vue de face.


Et si je lui termine son voile au niveau du cou?
Ah bah c'est quand même moche vue de face.


Et les plis du voile à l'arrière du cou ?
Ah oui ça passe mieux vu de dos.


Les coéquipières vont subir le même entrainement:
réglage de la hauteur de cou, résine, finition du voile.


Et puis j'ai aussi dégagé la croix du chapelet car RAINBOW IS THE NEW JESUS.


Je continue mes petits essais.



Les têtes choisies pour l'équipière de droite et de gauche sont différentes si tu regardes bien. L'une est plus large que l'autre.


On passe aux choses sérieuses.




Papier bulle pour tout le monde!
C'est moi qui offre!



Elles tournent chacune leur tête, soit vers la licorne centrale, soit vers l'objet d'attention de la licorne centrale.




Le voile se glisse sous la cape cette fois.
C'est peut être un peu curieux mais je ne voyais pas d'autres solutions compréhensibles si je voulais garder le voile d'origine.




Petite mise en situation des trois licornes ensemble pour un premier entrainement de groupe.
Elles semblent bien s'entendre.
La cohésion de groupe fonctionne. Même chauves.


Elles ont côtoyé du beau monde pendant leurs entrainements.
Ce jour là j'ai pensé à prendre une photo de leur rencontre avec celle qui deviendra "Notre Dame du Super Bébé". Elles sont timides, il y en a une qui a pas voulu venir et les autres sont restées derrières.
C'est normal, elles manquent encore d'assurance, ça va venir.



J'ai aussi commencé à réaliser une queue de licorne.
La base en mousse polystyrène.


Puis recouvert de résine avant de la sculpter et de la retravailler.


Avant de finalement laisser tomber à cause du trop de temps passé sur cette pièce.
Cette pièce sera déjà sans doute pas rentable pour moi, je dois faire des compromis sur ce qui compte vraiment dans cette pièce et dans son message.
Je finis par admettre que c'était un détail supplémentaire qui m'aurait beaucoup plus mais qui n'apportait pas un gros plus à l'ensemble de la pièce, étant donné que les queues n'auraient pas vraiment été très visibles de face.

Par contre les crinières... alors là, fallait tout donner!
Y compris quelques crayons!





Et avec les pinceaux ça marche aussi!


C'est une formidable technique de mise en pli, je vous la recommande!


Je coule un cube en plâtre pour commencer à monter un socle sur lequel reposera la licorne centrale.


Je monte grossièrement les boucles en modelage de pâte époxy.



La licorne centrale a le droit à une coiffure plus sophistiqué.
Les trois tresses appuieront l'idée de trinité et que l'union fait la force.


Pour l'instant on dirait une tranche de pomme mais non, je confirme, ce sera bien un arc en ciel,
ce phénomène magique que tout le monde peut voir!



Je commence à poncer le podium.


Je resculpte et ponce les crinières.



Je trace au crayon puis je creuse des sillons pour créer des mouvements de mèches.


Je creuse, modifie et enlève parfois des mèches.




Une fois la crinière domptée, je brosse, euh je ponce, à nouveau l'ensemble.



Je commence à installer le podium et a évaluer les distances.


Les licornes latérales s'emboiteront sur le coté du socle.
Avec ces systèmes d'emboitements, la pièce sera donc un puzzle en 4 morceaux, ce qui va faciliter son déplacement.
Un système équivalent avait été réalisé pour "Force rose etc"




Un premier montage de la base me permet de me rendre compte que les licornes sont trop près les unes des autres.


L'ensemble a besoin de respirer d'avantage.
Et la licorne centrale d'être plus haute.
Les Barbies sont d'accord.


La table à repasser aussi.


Je fait donc des rajouts sur les cotés pour les espacer.


La pièce centrale sera légèrement sur le coté parce que, on l'a vu tout à l'heure, de face, c'est moche une licorne.


Je coupe le socle en conséquence.


Je sculpte des boules en polystyrène que je colle sur la résine pour obtenir du volume sans alourdir d'avantage le podium.
Et j'enlève toute trace de verdure et de rochers sur la statue principale pour l'intégrer au podium de nuages.


Je recouvre grossièrement de résine et créer un emplacement pour emboiter la licorne principale.


Je veux que mon système d'emboitage ne laisse aucune liberté à la personne qui manipule les pièces.
Je suis comme ça moi. Liberticide.
Ainsi j'ai l'assurance que la licorne qui doit se trouver à droite ne trouvera pas à gauche. Aucune erreur ne doit être possible.
L'une à donc un seul plot d'emboitage et l'autre deux.
Je profite d'avoir fait des trous pour les remplir de papier.



Avec des billes je réalise des empreintes dans la résine.


Ensuite grâce à du film alimentaire, je peux réaliser une empreinte de ces creux sur les cotés du podium.

Je continue également de mettre en forme le podium en réalisant de nombreux petits nuages proches de ceux déjà présents sur les statues latérales.
La base du podium prend forme également, et respecte les formes des socles des pièces latérales.


Je monte mes nuages petit à petits sur la pièce principale.


Et j'harmonise l'ensemble.


Je réalise un petit bandeau en le faisant sécher sur une forme en papier épais pour qu'il prenne une forme ondulé.


Il est un peu trop épais alors je le coupe.


Une bonne partie de mes nuages est poncée.


Je peux donc monter mon bandeau.


J'accentue les nuages sur les licornes latérales car le volume est un peu effacé.
Ensuite je peux les installer ensemble pour voir si l'agencement est bon.




Il ne me reste plus qu'à tout poncer.


Encore poncer.





La pièce est prête à passer à la peinture!


Le plaisir de passer la couche d'arrêt qui révèle toute la pièce, enfin!


Depuis longtemps je connaissais les couleurs de chacune d'entre elle.
Jaune, Magenta, cyan.
Car avec les couleurs primaires, tu peux tout faire, tout est possible, ce qui souligne encore le sens de ma pièce.


Et pour leur crinières des déclinaisons de ces couleurs.
Il m'a fallu réaliser pas moins de 8 mélanges de couleurs pour chaque crinière.
Ce fut un travail très long pour que ces mélanges soient au point.


J'avais le titre depuis le début.
Un mélange d'anglais et de français. Parce que dans le mot team il y a une dimension plus forte et universelle que dans le mot "équipe" en français, où le coté sportif prend le dessus.
En mélangeant deux langues, j'appuyais encore également mon propos "l'union fait la force".



J'ai décidé d'ajouter des auréoles dorées pour magnifier l'ensemble de la pièce, la rendre précieuse malgré le coté jouet des licornes.
Encore une cohabitation, mais dans le style cette fois.

J'ai utilisé des cercles d'acier galvanisé dont j'ai enlevé le plastique.



Je les ai coupé puis plié a des tailles différentes suivant la licorne a qui cela était destiné, sachant que je souhaitais que l'auréole ne suive pas le dos de chaque licorne mais l'ensemble de la pièce.
Un peu comme dans cette peinture de l'Annonciation de Fran Angelico :


Ma petite pièce UPSIDE DOWN m'a permis d'expérimenter ce genre d'auréole avec des cercle en acier ainsi que le procéder pour y fixer des étoiles. Je l'ai amélioré et réutiliser ici.




Il me manquait un strass étoile pour finir l'auréole. 
J'ai donc fait un petite empreinte pour pouvoir terminer.


C'est pas les jeux olympiques mais presque!
Mais rien que le mot Olympique nous ramène aux dieux, même si ce sont ceux du mont Olympe.


Et voilà donc encore une addition de résolue!
J'ai pris mon temps pour y arriver, mais ça valait le coup!





Au nom du Jaune, du Magenta et du Cyan, que la magie des Licornes soit avec vous!